6 raisons de prier

Bien que Dieu veille et fasse le guet pour nous garder – même si nous sommes tellement étourdis que nous ne sentons parfois pas les maux qui sont autour de nous – et bien qu’il nous secoure parfois avant d’être invoqué, il nous est nécessaire de l’implorer assidûment :

  • Premièrement, afin que notre coeur soit enflammé d’un immense et ardent désir de toujours le chercher, l’aimer et l’honorer, nous devons nous habituer à trouver en lui notre refuge, en toutes circonstances, comme au port unique du salut.
  • Ensuite, afin que notre coeur ne soit pas troublé par un désir dont nous n’osons pas le faire aussitôt le témoin, comme nous le faisons en lui manifestant ouvertement toute notre affection et, si l’on peut dire, en lui ouvrant tout notre coeur.
  • Bien plus, afin d’être préparés à recevoir ses bienfaits avec une vraie reconnaissance et avec action de grace, car par la prière nous savons qu’il nous viennent de sa main.
  • Aussi, ayant obtenu ce que nous demandions, afin de reconnaître qu’il a exaucé nos désirs et qu’ainsi nous soyons plus ardemment incités à méditer sur sa bienveillance.
  • Et encore, afin de prendre un plus grand plaisir en jouissant des bienfaits qu’il nous accorde, en comprenant que nous les avons obtenus par nos prières.
  • Enfin, pour que sa providence soit confirmée et ratifiée dans nos coeurs, à cause de ce que nous ecpérimentons concrétement dans notre petite expérience. Nous voyons non seulement qu’il nous promet de ne jamais nous abandonner et qu’il nous invite à le chercher et à l’implorer dans nos difficultés, mais qu’il a aussi la main toujours étendue pour aider les siens qu’il n’abreuve pas de vaines paroles et qu’il maintient comme ils en ont besoin.

Pour toutes ces raisons, le Père plein de clémence, bien qu’il ne dorme jamais ou demeure inactif, donne souvent l’impression qu’il dort et ne fait rien, afin de nous inciter ainsi à le prier et à formuler des requêtes, ce qui constitue un remède à notre paresse et à notre capacité d’oubli.

Calvin, Institution Chrétienne, III, 20, 3

La subtilité de l’idolâtrie

Si l’idolâtrie consistait seulement à s’incliner devant une ou des statues de divinité, ce serait trop simple. L’idolâtrie est bien plus subtile que cela, comme le fait remarquer Calvin:

Nous avons observé les astuces dont use la superstition. En effet, elle ne nous invite pas à nous tourner vers des dieux étrangers en délaissant le Dieu vivant ou en le mettant au rang des autres ; mais, tout en lui maintenant une primauté, elle l’environnement d’une multitude de petits dieux avec lesquels il partage son pouvoir. La gloire de Dieu est éparpillée au point d’être détruite. C’est ainsi que les idolâtres anciens, tant Juifs que païens, ont imaginé un Dieu suprême, seigneur et père de tous, auquel ils ont assujetti un nombre infini d’autres dieux avec lesquels il partage le gouvernement du monde. Tel a été le sort des saints après leur mort; ont les a exaltés au point d’en faire des compagnons de Dieu que l’on honore, que l’on invoque comme lui et a qui on rend grâce pour les biens reçus. Il n’est pas juste que la gloire de Dieu soit si peu que ce soit obscurcie par cette manière odieuse de faire et même qu’elle soit, en grande partie, amoindrie et éclipsée.Nous savons que la puissance souveraine de Dieu dépasse toutes les autres. cependant, étant trompés par tant de subtilité, nous succombons à l’attrait de dieux divers.

Calvin, Institution Chrétienne, I.XII.1

Oups, nous sommes tous coupables je crois.

Dieu parle !

Comme Dieu ne parle pas chaque jour du ciel et que sa vérité, selon sa volonté, ne sera connue jusqu’à la fin dans les seules Ecritures, les croyants doivent considérer comme arrêté et certain qu’elles émanent du ciel et qu’en les lisant, c’est comme s’ils entendaient Dieu lui-même s’adresser à eux.

Jean Calvin, Institution Chrétienne, I.VII.1

Les vrais chrétiens sont enfants de Dieu

« Si vous voulez savoir dans quelle mesure quelqu’un a compris ce qu’était le christianisme, vérifiez l’importance qu’il attache à l’idée d’être enfant de Dieu et d’avoir Dieu pour Père. Si ce n’est pas cette idée qui inspire et qui dirige sa louange, ses prières et toute sa conception de la vie, c’est qu’il n’a pas encore réellement compris ce qu’était le christianisme. Car tout ce que Christ a enseigné, tout ce qui fait la nouveauté et la supériorité du Nouveau Testament sur l’Ancien, tout ce qui est spécifiquement chrétien par opposition à ce qui est spécifiquement juif se résume à la connaissance de la Paternité de Dieu. « Père » : voilà le nom chrétien de Dieu » James Packer, Connaitre Dieu.

Le culte de famille

Le culte domestique est la plus antique, aussi bien que la plus sainte des institutions. Ce n’est pas quelqu’une de ces innovations contre lesquelles on se trouve facilement prévenu : il commence avec le monde même.

Il est évident que le premier culte que le premier homme et ses enfants rendaient à Dieu , ne pouvait être que le culte domestique , puisqu’ils étaient alors la seule famille-qui existât sur la terre…

J. H. Merle d’Aubigné

L’image du Dieu invisible

(Paul) monte encore plus haut en parlant de la gloire du Christ. Il l’appelle l’image du Dieu invisible, signifiant par là que c’est lui seul par lequel Dieu (sans cela invisible) nous est manifesté, selon qu’il est dit: “nul ne vit jamais Dieu; le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui même l’a raconté” (Jean 1:18).

(…) S. Paul veut dire en somme, que Dieu est invisible en soi, c’est à dire en sa majesté nue, et non seulement aux yeux corporels, mais aussi aux entendements humains, mais qu’il nous est manifesté en Christ seul, en sorte que nous le contemplons en lui comme en un miroir. Car en Christ il nous montre sa justice, sa bonté, sa sagesse et sa puissance, voire soi-même tout entier. Gardons nous donc de le chercher ailleurs, car tout ce qu’on voudra mettre en avant pour représenter Dieu hors de Christ, ce sera une idole!

Jean Calvin, commentaire sur Colossiens 1:15